Arrestation d’un père de famille « sans-papiers » : un homme et sa famille en détresse.
Posté par lyon2enlutte le 28 juin 2010
Nouredine BOUZIDI, un père de famille âgé d’une trentaine d’année a été arrêté sur son lieu de travail mardi dans l’après-midi au motif qu’il se trouvait en situation « irrégulière ». Son titre de séjour sur le territoire français n’est plus valable.
Nouredine est arrivé en France en 2008 avec sa femme Soraya. Tous deux originaires d’Algérie, Nouredine a fuit les services de police algériens pour lesquels il travaillait , il a trouvé une fois en France un emploi dans un cybercafé, et Soraya a repris ses études de Droit à l’Université Lyon II.
Après avoir reçu fin 2009 un refus concernant leur demande d’asile (réexaminée par la cour de recours de l’asile) et une obligation de quitter le territoire français, le couple, dorénavant installé et parents de deux jeunes garçons, a déposé un recours devant le Tribunal Administratif de Lyon afin de défendre leur droit à vivre en France. Alors qu’ils étaient en attente d’une date pour la tenue de leur audience, et qu’une mobilisation se préparait au sein de l’Université où a étudié Soraya durant toute cette année et de la crèche fréquentée par leurs deux enfants, l’arrestation de Nouredine laisse seuls une mère et ses deux fils, dans l’angoisse la plus totale. L’homme, placé en garde à vue durant 24h puis retenu au centre de rétention administrative depuis hier après-midi a fait appel et cet appel va être examiné vendredi matin par le juge des libertés et de la détention (tribunal de grande instance, 67 rue Servient). Il demande l’annulation de son arrestation et sa mise en liberté . si le JLD refuse et confirme la rétention il sera expulsable à tout moment . Le tribunal administratif doit pouvoir statuer sur leur demande concernant leur séjour en France .
Cet évènement, brusque et dramatique, est un véritable déchirement pour cette famille et leur entourage. En effet, le retour éventuel de Nouredine dans son pays d’origine, d’où il a quitté la police, comporterait pour lui un grand danger. De plus, avec lui ce sont une mère et ses deux enfants qui sont plongés dans une profonde détresse, car la mère des deux bambins est hospitalisée pour plusieurs jours, depuis aujourd’hui, soit la veille du passage de son mari devant le juge des libertés, laissant ainsi les deux enfants privés de leurs parents pour les jours qui suivent. Cette situation inacceptable doit s’interrompre sans plus tarder, et ce par la mobilisation du plus grand nombre en la faveur de cette famille qui ne demande qu’à s’assumer pleinement dans le pays qu’ils ont choisi, et pour que soit garantie leur sécurité et leur liberté. Nous appelons à soutenir cette famille , par des fax et mails envoyés au préfet et par une présence nombreuse lors de la séance du juge des libertés et de la détention vendredi matin (cependant l’audience doit se tenir dans le calme, pour que cela ne joue pas en la défaveur de Nouredine face au juge).
Nous souhaitons que cette présence apporte le soutien indispensable à cette famille et alerte le préfet sur la nécessité de faire droit à leur demande.
Nous vous demandons de diffuser largement cette information et d’être présent le jour de l’audience, soit ce vendredi 25 juin à 10h00 au Tribunal de Grande Instance.
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Guilherme Hauka-Azanga, père de famille angolais est menacé d’expulsion imminente vers un pays où sa vie est en danger en raison de ses combats pour la défense de la minorité ethnique à laquelle il appartient.
AVOIR 20ANS A GAZA
Dans quelques jours, les Iraniens commémoreront le premier anniversaire du soulèvement populaire qui a suivi l’élection présidentielle truquée du 12 Juin 2009. Un mouvement populaire d’une ampleur sans précédent, profondément pacifique et marqué par l’engagement massif de jeunes générations et la présence des femmes iraniennes aux avant-postes des protestations.
Lorsque l’on franchit pour la première fois le seuil du siège du Front national avec pour objectif d’effectuer une ethnographie sur les jeunes militants de ce parti politique (comme ce fut notre cas il y a maintenant près de vingt ans), on ne peut être que surpris par la teneur des discours professés. L’anthropologue qui s’engage dans cette démarche constate non sans un certain sentiment d’inquiétante familiarité qu’est véhiculée au sein de cette instance politique une idéologie qui puise ses fondements lexicaux dans le vocabulaire de l’ethnologie et de l’anthropologie. Ainsi entendra-t-il que la notion d’identité nationale est traduite en termes d’« appartenance culturelle ». Que le nationalisme à visée expansionniste du temps de la colonisation est rejeté au nom du respect de l’intégrité culturelle des peuples. Que les hiérarchisations biologiques du racisme sont décriées au nom d’un relativisme culturel. Qu’au nom de ces valeurs est également prôné un certain tiers-mondisme. Si bien qu’il n’est plus question pour les jeunes frontistes d’un quelconque expansionnisme colonial ou d’une théorie de la supériorité de la race mais de ce qui peut apparaître au premier abord comme un relativisme culturel attaché à préserver les spécificités de chaque peuple. De sorte que les militants se réclament d’un nationalisme qu’ils qualifient eux-mêmes de « différentialiste ». Universalisme et relativisme se trouvent ainsi conjugués très adroitement en des termes que ne renieraient pas nombre d’acteurs majeurs du champ anthropologique.
Communiqué national de la Fédération Syndicale Étudiante, le 31 mai 2010